05 mars 2007

Le coeur écartelé

Il se ménage tellementIl a si peur des couverturesLes couvertures bleues du cielEt les oreillers de nuagesIl est mal couvert par sa foiIl craint tant les pas de traversEt les rues taillées dans la glaceIl est trop petit pour l'hiverIl a tellement peur du froidIl est transparent dans sa glaceIl est si vague qu'il se perdLe temps le roule sous ses vaguesParfois son sang coule à l'envers Et ses larmes tachent le lingeSa main cueille des arbres verts Et les bouquets d'algues des plagesSa foi est un buisson d'épinesSes mains saignent... [Lire la suite]
Posté par lindarequiem à 22:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

05 mars 2007

La vie en rouge

Les mères vous font en saignantEt vous tiennent toute la viePar un ruban de chair à vifOn est élevé dans des cagesOn vit en mâchant des morceauxDe seins arrachés en saignantQu'on accroche au bord des berceauxOn a du sang sur tout le corpsEt comme on n'aime pas le voirOn fait couler celui des autresUn jour il n'y en aura plusOn sera libres. Boris Vian +
Posté par lindarequiem à 19:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 mars 2007

Le Totem

Il me faut le cacher au plus intime de mes veinesL'Ancêtre à la peau d'orage sillonnée d'éclairs et de foudreMon animal gardien, il me faut le cacherQue je ne rompe le barrage des scandales.Il est de mon sang fidèle qui requiert fidélitéProtégeant mon orgueil nu contreMoi-même et la superbe des races heureuses...   Senghor +
Posté par lindarequiem à 18:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 mars 2007

Les mers de Chine

Ces filles que l'on voit pour la première foisCe n'est rien - on les croise-Elles ont des yeux si dursEt des corps si durs et tannés par le soleilOn a envie de les faire pleurer.Elles sont fermées sur elles-mêmes.Sur rien.Elles sont si bien fermées qu'on s'imagineOn voudrait qu'elles pleurent longtempsOn espère toujours qu'il viendrait le sangAu bout des larmes.Elles rient, et rejettent leurs cheveux dursRaides - ou frisés et dressés en coques dures-Mais on attendrait bien longtempsIl n'y a que les larmesIncolores - tièdes - inutiles... [Lire la suite]
Posté par lindarequiem à 15:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 mars 2007

Les jeux de Vénus

"J'ai volé vers toi comme un enfant vers sa mère, toi, l'objet de mon souci""Moi, à ta vue, je reste sans voix, ma langue se brise, la fièvre me brûle, mes yeux se brouillent, mes oreilles bourdonnent, je sue, je frissonne, je crois mourir. Mais il faut oser...""Il me paraît égal aux dieux, l'homme qui, assis en face de toi, écoute ta douce voix et ton rire charmeur qui affole mon coeur""Sache le bien, tes charmes m'ôtent tout souci et je reste éveillée toute la nuit""Ma bien-aimée, je suis... [Lire la suite]
Posté par lindarequiem à 15:28 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
05 mars 2007

Mother

Je comprends maintenant que ce fut CéresQui me parut de nuit chercher refugeQuand on frappait à la porte, et dehorsC'était d'un coup sa beauté sa lumièreEt son désir aussi, son besoin de boireAvidement au bol de l'espéranceParce qu'était perdu, mais retouvable Peut-être, cet enfant qu'elle n'avait su,Elle pourtant divine et riche de soi,Elever dans la flamme des jeunes blésPour qu'il ait rire, dans l'évidence qui fait vivreAvant la convoitise du Dieu des morts.Yves Bonnefoy+
Posté par lindarequiem à 15:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
04 mars 2007

L'Horloge

Horloge! dieu sinistre effrayant, impassible,Dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi !"Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroiSelanteront bientôt comme dans une cible;Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizonAinsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;Chaque instant te dévore un morceau du déliceA chaque homme accordé pour toute sa saisonTrois mille six cents fois par heure la Seconde Chuchote: Souviens-toi!- Rapide, avec sa voixD'insecte, Maintenant... [Lire la suite]
Posté par lindarequiem à 19:01 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
04 mars 2007

La voix lointaine

Et la vie a passé mais te gardaVive mon illusion, de ses mains savantesQui trient parmi les souvenirs, qui en recousentPresque invisiblement les déchiruresSauf: Que faire de ce lambeau d'étoffe rouge?On le trouve dans sa mémoire quand on déplace Les années, les images et brusques les larmesMontent et l'on se tait dans ses mots d'autrefois Parler, presque chanter, avoir rêvéDe plus même que la musique puis se taireComme l'enfant qu'envahit le chagrinEt qui se mord la lèvre, et se détourne.Yves Bonnefoy +
Posté par lindarequiem à 19:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
04 mars 2007

Le dilemne

Et je pourraisTout à l'heure, au sursaut du réveil brusque, Dire ou tenter de dire le tumulteDes griffes et des rires qui se heurtentAvec l'avidité sans joie des vies primairesAu rebord disloqué de la parole.Je pourrais m'écrier que partout sur terre, Injustice et malheur ravagent le sensQue l'esprit a rêvé de donner au monde,En somme, me souvenir de ce qui est,N'être que la lucidité qui désespère[...]Mais il me semble aussi que n'est réelleQue la voix qui espère, serait-elleInconsciente des lois qui la dénient.Réel, seul, le... [Lire la suite]
Posté par lindarequiem à 18:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]