04 mars 2007

Le dilemne

Et je pourrais
Tout à l'heure, au sursaut du réveil brusque,
Dire ou tenter de dire le tumulte
Des griffes et des rires qui se heurtent
Avec l'avidité sans joie des vies primaires
Au rebord disloqué de la parole.

Je pourrais m'écrier que partout sur terre,
Injustice et malheur ravagent le sens
Que l'esprit a rêvé de donner au monde,
En somme, me souvenir de ce qui est,
N'être que la lucidité qui désespère

[...]

Mais il me semble aussi que n'est réelle
Que la voix qui espère, serait-elle
Inconsciente des lois qui la dénient.
Réel, seul, le frémissement de la main qui touche
La promesse d'une autre,
réelles, seules,
Ces barrières qu'on pousse dans la pénombre,
Le soir venant, d'un chemin de retour.
[...]


Bonnefoy

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Posté par lindarequiem à 18:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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